Diabète de type 1 chez les enfants: mieux prévenir l’acidocétose

À l’occasion de la Journée mondiale du diabète, l’équipe du DECCP (Diabetes Endocrinology Care Clinique Pediatrique) au CHL, spécialisée dans le diabète et les maladies endocriniennes de l’enfant et de l’adolescent, souhaite sensibiliser les professionnels de la santé et de l’enfance, les parents et le grand public, sur les premiers signes indiquant un diabète de type 1, à savoir 4 symptômes : envie fréquente d’uriner, soif excessive, perte de poids et fatigue. L’objectif ? Réduire les délais de diagnostic du diabète de type 1 et prévenir ainsi l’apparition d’une complication aiguë et sévère du diabète de type 1 : l’acidocétose diabétique.

Dr Michael Witsch, médecin pédiatre spécialisé en endocrinologie et diabétologie : « En 2021, au Luxembourg, 54 % des enfants atteints d’un diabète de type 1 ont fait une acidocétose. Quand on sait qu’une majorité d’entre eux sont arrivés à l’hôpital dans un état grave en raison d’un diagnostic retardé, il nous semble important de mieux sensibiliser les professionnels de la santé et les familles, afin qu’ils sachent reconnaître les signes du diabète de type 1, de sorte qu’un diagnostic précoce soit posé et que l’on soit en mesure de mieux prévenir l’apparition d’une acidocétose. »

« À l’heure actuelle, l’acidocétose marque souvent le diagnostic du diabète de type 1 chez l’enfant et l’adolescent.  Nous espérons donc vraiment que cette campagne de sensibilisation réduira la fréquence et la sévérité de l’acidocétose chez les enfants et adolescents qui développent un diabète de type 1 au Luxembourg. Si, depuis plusieurs années déjà, nous arrivons à diminuer certains chiffres, par exemple le pourcentage trop élevé du taux d’hémoglobine glyquée, nous avons depuis toujours un taux beaucoup trop élevé d’acidocétose chez les enfants ayant un diabète de type 1. », précise le Dr Marianne Becker, médecin spécialiste en pédiatrie, diabétologie et endocrinologie.
 

Agir rapidement

L’état de santé des patients avec un diabète de type 1, surtout des très jeunes enfants, peut se dégrader en seulement quelques jours.  Or, il n’est pas nécessaire de faire un bilan complet pour diagnostiquer un diabète de type 1 et enclencher une prise en charge rapide de l’acidocétose. Une simple analyse des urines suffit déjà amplement pour doser la glycosurie. L’avantage dans ce cas-ci, c’est que tous les médecins généralistes / les pédiatres disposent de bandelettes d’urine dans leur cabinet.

Dr Carine De Beaufort, médecin spécialiste en pédiatrie, diabétologie et endocrinologie : « Prescrire une prise de sang retarde automatiquement la prise en charge du patient, ce qui est potentiellement dangereux pour l’enfant. En effet, des études ont montré que la rémission des patients est moins bonne et que l’évolution de la maladie est parfois difficile quand le patient a eu une acidocétose sévère au début. »
 

Acidocétose : physiopathologie, signes et traitement

L’acidocétose est une complication sévère du diabète. Elle apparaît essentiellement chez les patients atteints du diabète de type 1, c’est-à-dire ceux dont le diabète est causé par une maladie auto-immune qui empêche les cellules du pancréas de fabriquer de l’insuline. En l’absence d’insuline, le corps va produire des corps cétoniques (substances toxiques pour l’organisme), ce qui va entraîner une élévation de l'acidité du sang.

Les principaux symptômes de l’acidocétose sont une haleine fruitée caractéristique (dite « pomme de reinette »), des nausées, des vomissements, des douleurs abdominales, un essoufflement, une somnolence, une déshydratation. En cas d’aggravation, le patient perd conscience et sombre dans le coma. Le risque d’œdème cérébral et de décès est alors très élevé. L’acidocétose non-sévère se traite très bien, à condition de la prendre en charge à temps.

Les patients en acidocétose diabétique sont souvent hospitalisés en soins intensifs. Le traitement consiste essentiellement en l’administration d’insuline en urgence et de façon progressive (c-à-d très précisément dosée et adaptée à l’évolution des glycémies). Si la correction d’insuline est trop rapide, le patient peut en effet souffrir d’un œdème cérébral.

Si vous avez besoin d’informations, n’hésitez pas à contacter l’équipe du DECCP du CHL au 4411 3173.

Bon à savoir : L’équipe DECCP du CHL organise plusieurs fois par an des formations auprès des écoles ou d’autres institutions (maisons relais…).
 

L’équipe médicale du DECCP (Diabetes Endocrinology Care Clinique Pediatrique) est composée de :

  • Diabétologues pédiatriques :
    • Dr Carine De Beaufort,
    • Dr Marianne Becker,
    • Dr Michael Witsch,
    • Dr Ulrike Schierloh,
    • Dr Nicolas Bonnet
  • Infirmières spécialisées en diabétologie :
    • Muriel Fichelle
    • Yasmina Rayan
    • Cindy De Melos
    • Dominique Schaeffer
  • Psychologue :
    • Michelle Schutz
  • Diététiciennes :
    • Linda Vandivinit
    • Sarah Clesen